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Indemnités kilométriques : Les territoriaux encore laissés sur le bord de la route ? FO SP Rhône-Alpes exige l’égalité !

Le gouvernement vient de lâcher une petite bouffée d’oxygène face à la flambée des prix du carburant : une revalorisation temporaire des indemnités kilométriques. Une mesure de bon sens ? Oui, mais… pas pour tout le monde !

Comme souvent, le périmètre de l’annonce a un sérieux goût d’injustice. Sont explicitement visés :

  • Certains agents de la fonction publique d’État (FPE)
  • Certains agents de la fonction publique hospitalière (FPH).

Et la Fonction Publique Territoriale (FPT) ? Circulez, il n’y a rien à voir !

À la question de savoir si les agents territoriaux bénéficieront eux aussi de cette mesure, la réponse des technocrates et des DRH est d’une « prudence juridique » qui commence sérieusement à nous échauffer : rien ne permet de l’affirmer.

Le bouclier de « l’autonomie de gestion » : l’excuse suprême ?

Pourquoi ce traitement différencié ? Parce que la FPT obéit à ses propres règles. Sous prétexte du principe de libre administration et de l’autonomie de gestion des collectivités, une annonce nationale pour l’État ou l’Hospitalière ne s’applique pas automatiquement chez nous. Pour que nos collègues touchent un centime de cette revalorisation, il faudrait attendre un texte réglementaire spécifique, un arbitrage de la DGCL, voire une délibération au cas par cas dans chaque collectivité.

Pour FO SP Rhône-Alpes, c’est NON ! L’autonomie de gestion ne doit pas être le paravent de l’austérité locale et de l’inégalité de traitement entre les agents du service public. La pompe à essence, elle, ne fait pas de différence entre un agent d’État et un agent territorial !

Sur le terrain, l’essence coûte le même prix pour tout le monde !

Cette situation est d’autant plus révoltante que dans notre région Rhône-Alpes, entre zones de montagne, départements ruraux et agglomérations éclatées, la voiture n’est pas un luxe, c’est un outil de travail.

Qui paye de sa poche pour aller bosser ou pour assurer ses missions ?

  • Nos travailleuses et travailleurs sociaux et nos aides à domicile qui parcourent des kilomètres pour soutenir les plus vulnérables ;
  • Nos agents techniques itinérants qui entretiennent les collèges, les routes et les bâtiments ;
  • Les brigades de remplacement et les personnels multi-sites contraints à une mobilité permanente.

Demander à ces agents de subventionner le service public sur leur propre salaire en subissant de plein fouet la hausse des prix du carburant, c’est inadmissible.

Le risque ? Une fracture sociale dans la Fonction Publique

Le gouvernement joue avec le feu. En excluant d’emblée la territoriale, il crée :

  1. Un sentiment d’injustice profond et un mépris affiché pour le versant le plus proche des citoyens, mais souvent le moins bien payé.
  2. Une pression intenable sur les budgets des agents, déjà asphyxiés par l’inflation.

FO SP Rhône-Alpes prévient les employeurs territoriaux : nous ne regarderons pas passer les trains. Les prochaines semaines ne seront pas seulement celles des « arbitrages budgétaires » dans le feutré des bureaux de la DGCL ou des mairies. Ce seront celles de la revendication !

FO revendique et exige :

  • L’alignement immédiat et automatique de la FPT sur toutes les mesures de revalorisation du pouvoir d’achat et des frais de transport de l’État !
  • L’ouverture sans délai de négociations dans toutes les collectivités de la région (Région, Départements, Métropoles, Communes et Intercos) pour compenser localement et immédiatement la hausse des coûts de mobilité.
  • Le strict respect de la justice sociale : à travail égal, droits égaux, indemnités égales !

Face à l’inaction ou à la « prudence » des exécutifs locaux, FO appelle les agents à se mobiliser et à rejoindre le syndicat pour imposer le respect de nos droits. L’indignation ne suffit plus, imposons le rapport de force !